L’arrêt de FlashPlayer mobile, qui va payer ?

Posté par Lionel Tardy le nov 10, 2011 dans Regards, sphère professionnelle |

Hier (9 nov.) à 19h06, l’AFP relayait le communiqué d’Adobe sur l’arrêt du développement du Flash Player à destination des appareils portables. L’info avait fuité depuis le matin.

Pourquoi une telle décision et qui va en subir les conséquences ?

Tout d’abord, depuis des lustres, le Flash Player (surcouche logiciel pour interpréter des données multimédias sur le web) a la réputation d’être un éléphant, très lourd voir très lent (sur Mac). Il faut dire que bon nombre de D.A. lui demande tout et n’importe quoi en matière d’affichage. A coté de cela, le développement, d’un abord assez simple, est souvent fait avec les pieds !!!

Sur nos bonnes machines portables ou de bureau dotées de processeurs surpuissants, ça marche plutôt bien.
Dans ces environnements Adobe progresse notamment avec l’accélération matériel pour la vidéo et la 3D temps réel (FP 11 – AIR 3). Mais comment suivre cette évolution dans l’univers mobile !!!

Depuis le clash avec Apple en février 2010, Adobe semble avoir concentré ses forces sur le déploiement multi écran par la voie de la compilation AIR (moteur d’exécution propriétaire de son langage AS3).

Avec AIR 3 et son « captive content » (pour publier une application complètement autonome et multi plate forme), avec Flex 4.6 et le « SplitViewNavigator » (gestion partage d’écran selon orientation),

SplitViewNavigator

« SpinnerList », « DateSpinner » (gestion des listes pour touch device), « ToggleSwitch » bouton à deux états… Adobe oriente ses efforts vers le développement d’application multiTouch, multi écran, compatible Android 4, iOs 5, RIM Qmx avec son langage AS3/Mxml au sein de Flash Builder.
L’idée d’un seul développement pour un déploiement multi écran nécessite un développement propre, en cela Adobe pousse son outil Flash Builder en s’appuyant sur la communauté de développeur AS3.

D’un autre coté, avec l’acquisition de PhoneGap, Adobe pousse en direction des développeurs HTML5, CSS3, Javascript pour les accompagner dans la publication d’applications mobiles en utilisant leurs langages favoris.

Bref, Adobe est à fond dans la mobilité mais avec un système unifié.

Alors qui gagne et qui perd.

Les premières victimes sont les tablettes sous Android dont l’argument « tout le web » grâce au Flash Player, les différenciant d’iOs, ne va plus être possible (même si Adobe a déclaré que le dernier FP sera le 11.1 compatible Android 4) et bien que RIM déclare continuer le développement du FlashPlayer pour son PlayBook.

Une autre victime, les éditeurs qui avaient ou pouvaient développer un contenu très riche sur le web avec une seule technologie et qui devront tout basculer en HTML 5 (avec souvent à la clé une augmentation des coûts ou une uniformisation des rendus).

Les gagnants sont les développeurs qui dans la maitrise de FlashBuilder (plus puissant que PhoneGap pour le dialogue natif avec les différents devices) pourront offrir une prestation experte pour un très large spectre d’utilisation.

Si nous écoutons les « analystes pragmatiques » de Wall Street, Adobe a perdu hier plus de 6% avec 790 emplois en moins!!! Comme c’est étrange, ses explications ne les a pas convaincu.

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