L’iPhone ne serait pas rentable pour les opérateurs mobiles
D’après une étude publiée par le cabinent danois Strand Consult, l’iPhone n’est pas la cash-machine que les gens croient… sauf pour Apple. Pour les opérateurs mobiles, en effet, avoir négocié le droit exclusif de distribuer l’iPhone n’est pas une situation si avantageuse. L’étude affirme que les coûts cachés du téléphone, qui comprennent un financement du combiné et un partage des revenus exigé par Apple, ont impacté plutôt négativement les comptes des opérateurs.
L’iPhone : un bon plan ?
Selon un article du Guardian ( ), l’étude affirme que l’iPhone n’est pas aussi avantageux qu’il n’en a l’air, du moins pour les opérateurs. Comme Apple exige des opérateurs de financer l’acquisition de nouveaux combinés, et sur certains marchés impose même un partage des revenus générés, les opérateurs ne font pas autant d’argent sur la vente de téléphones qu’on imagine.
A notre connaissance, pas un opérateur a créé de la valeur pour ses actionnaires grâce à l’iPhone » souligne le rapport.
Non seulement cela, mais il va plus loin en soutenant que ça peut même être un frein pour les opérateurs. « De nombreux concurrents se portent en réalité mieux », en parlant de ceux qui ne porposent pas d’iPhone. Un extrait paru plus tôt dans la presse va même jusqu’à soutenir que « les opérateurs ayant choisi de ne pas porposer l’iPhone ont augmenté leur probabilité de servir les intérêts des acitonnaires. »
Le rapport fait même mention de « l’effet iPhone », un terme invité par le président d’un grand opérateur international. « L’effet iPhone est l’effet qui pousse notre management à se détourner de 99% de nos clients rentables qui nous permettent purtant de payer de faire tourner l’entreprise, » prétend le président dont le nom n’est pas cité.
En plus de ces problèmes, Strand Consult remarque aussi que l’iPhone ne séduit qu’un segment limité du marché dont les clients étaient déjà gros consommateurs de forfaits Data… si bien qu’ils ne rapportent pas en fait tant avec leur abonnements Data de leur iPhone. D’autant plus que l’abonnement Data à prix unqiue signifie qu’une « forte consommation de données génére beaucoup de coûts supplémentaires sans que les revenus n’augmentent de pair ».
Bien que non mentionné dans l’article du Guradian, nous voyons actuellement les problèmes auxquels doit faire face AT&T aux Etats-Unis — du au fait qu’il est l’opérateur exclusif du téléphone ici aux Etats-Unis. L’entreprise a rencontré des difficultés pour offrir une couverture 3G dans les zones urbaines densément peuplées, comme San Francisco et New York, où les utilisateurs d’iPhone sont nombreux. Le problème va au-delà de simples rumeurs : AT&T a été l’objet de vives critiques dans un article récent du New York Times. Selon l’article, l’entreprise a travaillé sur d’importantes mises à niveau de ses réseaux où circulent beaucoup de données pour désengorger le trafic qui aboutissait à des interuptions d’appels, des débits lents et souvent une mauvaise réception. Des problèmes qui ont suscité la colère des utilisateurs et qui ont terni l’image d’AT&T dans nombre de groupes. L’entreprise a aussi dû repousser le lancement de nouvelles fonctionnalités de l’iPhone comme le MMS et le tethering (partage de la connexion data 3G via le Bluetooth) afin de préparer leur réseau pour supporter un trafic plus important.
Certains opérateurs ne sont pas d’accord
Tandis qu’AT&T n’a jamais ouvertement commenté le rapport, ils n’ont cessé de vanté les aspects positifs de l’iPhone à chaque publication de leurs résultats trimestriels. Par exemple, dans leur dernière présentation de résultats, AT&T a révélé que le lancement de l’iPhone 3GS a été le « jour reccord en termes de ventes » dans l’histoire de l’entreprise. Ils ont aussi gagné plus de 2,4 million de clients au cours du dernier trimestre, dont 35% qui n’avaient jamais été client d’AT&T auparavant. lls soulignent que 80% des remplacements de combinés se sont fait à partir de non-iPhone ou d’iPhone 2G, augmentant par conséquent l’ARPU (le revenu moyen par utilisateur ou Average Revenu per Unit). Même pour les remplacements d’iPhone 3G, l’entreprise note que leur ARPU est substanciellement supérieur, le taux de défection très inférieur et les marges récurrentes restent très confortables.
Un autre opérateur anglais, O2, a officielement commenté le rapport. Ils ont dit au Guardian qu’ils ne sont pas d’accord avec leurs affirmations et qu’ils avaient même bénéficié de l’ »effet iPhone ». Bien que l’article n’explicite de quelle manière, il est probable qu’ils en retirent les mêmes avantages qu’AT&T. Enfin, d’après Reuters, l’opérateur exclusif de l’iPhone au Japon, le numéro 3 du pays, est devenu le numéro 1 en août en termes de nouveaux abonnés : http://www.reuters.com/article/marketsNews/idINTKG00648420090907?rpc=44.
La vérité est certainement quelque part dans cet entre-deux. Strand a peut-être raison en disant que les opérateurs ne bénéficient pas des ventes d’iPhone. Cependant ils peuvent tirer profit de leurs nouveaux abonnés engagés sur de couteux abonnements Data pour de longues périodes.
Source : http://fr.readwriteweb.com/2009/09/10/analyse/liphone-pas-rentable-operateurs-mobile/
L’étude Strand Consult : http://www.strandconsult.dk/sw3896.asp
L’article du Guardian : http://www.guardian.co.uk/business/2009/sep/06/telecoms-iphone
L’article du NYT : http://www.nytimes.com/2009/09/03/technology/companies/03att.html?bl&ex=1252123200&en=7d0e3cac5b9a733a&ei=5087




